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Filmer les SHS

Activités de l'ISH dans le domaine de l'image animée

L’image et le son en confinement

Professionnels de l’audiovisuel, comme tous télétravailleurs confinés depuis le 16 mars 2020, nous qui avons comme matière première des vidéos, des rushs, des images de tournages, nous voilà bien dépourvus sans glaise à pétrir pendant cette longue période, isolés chez nous, à la maison. Durant cet isolement exceptionnel, il convenait de prendre nos marques avec la famille pour co-organiser le télétravail et l'école à la maison.
Cette période exceptionnelle  de 56 jours se devait d’avoir un traitement original. Le manque de l’univers professionnel et des relations sociales a vu naître l’idée de traiter avec l'outil vidéo du confinement et de ses manières de l’aborder professionnellement. Quoi de mieux que de donner la parole aux membres de la Maison des Sciences de l’Homme ?
 
Fini les tournages en confinement ? 
 
Pas tout à fait. L’idée était donc de mener des interviews par visioconférence et de récupérer des entretiens sur le ressentis des « télétravailleurs forcés ». 
Rentrer dans l’intimité des personnels, filmer sans caméra vidéo (mais avec une webcam), retrouver l’interaction d’une discussion étaient les enjeux de ce mode de questionnement peu ordinaire.
 
Son image et son environnement en visioconférence prennent une place particulière. Mais cette place est d’autant plus prépondérante quand on sait que l’entretien est filmé. Il devient essentiel de maîtriser son cadrage (je mets quoi dans le champ ? je me filme dans quelle pièce ? à quelle hauteur ?). Il est nécessaire de maitriser le hors champs et de le contrôler (la place de la fenêtre, les interférences audios qui peuvent gêner le tournage). Il faut étudier l’éclairage et les sources sonores mais aussi sa condition vestimentaire, sa coupe de cheveux, son teint : tout se réfléchit. Ce travail de mise en scène de soi-même dans son environnement personnel est particulièrement prégnant dans un enregistrement à distance : le décor de la pièce, les effets intimes (photos de famille, tableau décoratif). Il dévoile beaucoup de soi-même.
Souvent bricolés et avec les moyens du bord, les entretiens filmés en visioconférence ont pu se tourner avec l'outil RecordIt pour capter le screenshot (l'écran) et le son des 2 participants à l'entretien (questionneur/questionné). L'avantage de cet outil est de récupérer sur son logiciel de montage les pistes sons séparées pour pouvoir les travailler indépendamment. Un montage et un habillage spécifique ont été crée pour strcuturer les capsules au format Twitter (limité à 2min20).


Une dizaine d’entretiens vidéo ont donc été enregistrés et produits Twitter.
Résultats ici et ici
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Fini les montages et les réunions techniques autour des avancées de la production d’un film ?
 
Autre façon de télétravailler : avancer ses montages et pouvoir gérer ses projets audiovisuels débutés avant le fatidique confinement.
Et quoi de mieux qu’un gros montage qui a nécessité des heures de tournages depuis quelques mois ?
 
Se profilait donc le projet de film avec le laboratoire Dynamique du Langage sur le jeu [Kosmopoli:t]Comment travaille-t-on un montage de film sans son équipe en proximité ? Sans les chercheurs et sans forcément tout le matériau sous la main ? Il a fallu se lancer, innover.
 
Réaliser un montage entièrement en mode confiné avec les personnes ressources à distance était donc une première. Mais ce challenge est possible. Les outils de visioconférence sont suffisamment performants pour établir de bonnes communications. Et surtout le mode « partage d’écran » facilite la visualisation et le partage de la cuisine du montage et l’échange autour des maquettes de travail. Le montage sur le logiciel Adobe Premiere a permis de construire du versioning dans les pré-montages. Et des heures de visioconférence avec partage d’écran ont rendu possible de travailler en collaboratif et d’améliorer le montage. Le tout, à distance et à plusieurs.
Parallèlement, le texte de la voix-off s’est mis en place. Sans le studio d’enregistrement de la Maison des Sciences de l’Homme, il a fallu se lancer dans des enregistrements audios « bricolés »  avec un smartphone et sous la couette pour retrouver le calfeutré d’un studio d’enregistrement.
Après une dizaine d’aller-retour en visioconférence et devant les outils pour améliorer le film, une version pivot était partagée avec le reste de l’équipe !
Résultat bientôt ici
 
Défi relevé : 9 capsules confinement réalisées et twittées et un film Kosmopolit d’une durée de 20 mn, produit et en cours d'ajustement. Travail à distance en audiovisuel, une nouvelle façon de travailler ? 
 
Christian Dury, le 10 mai 2020 (fin de déconfinement).

Filmer avec un smartphone

Filmer avec un smartphone : peut-on se passer d’une caméra classique ?
L'expérience de la Maison des Sciences de l’Homme Lyon St-Etienne.
 
Formé et habitué à travailler avec des caméras professionnelles, j’utilise de plus en plus un smartphone pour filmer sur les terrains de recherche. La caméra est-elle en train de se faire détrôner par les smartphones ? Peut-on se passer d’une caméra professionnelle ?
 

A la Maison des Sciences de l’Homme Lyon St-Etienne, le parc audiovisuel se constitue essentiellement de caméras (Sony ou JVC). L’accompagnement à la recherche des équipes scientifiques en Sciences Humaines et Sociales qui ont des besoins d’images animées s’appuie depuis toujours sur un dispositif classique : une caméra, un pied, un micro et de l’éclairage. La réalisation de documentaires et de reportages valorisant les recherches s’est toujours articulée autour d'un parc audiovisuel classique.
Depuis quelques années, il est à noter une tendance lourde dans la vidéo broadcast d’utiliser un smartphone pour filmer. Poussé par les réseaux sociaux, la grammaire filmique a bougé. Sur la notion de cadrage par exemple, nous filmions en horizontal. Avec les téléphones, la « mode » est à la vidéo en verticale. Certains réseaux sociaux n’acceptent plus les vidéos en mode horizontal (Snapchat, Instagram TV). Ainsi, l’univers de la vidéo est petit à petit en train de bouger vers du nomade léger en verticalité. Des festivals de films sont entièrement orientés vers la vidéo réalisée avec des smartphones comme le Mobil Film Festival ou le Vertical Film Festival. Depuis 4 ans, Paris accueille aussi les Rencontres de la vidéo mobile et de l’innovation éditoriale. Les rédactions journalistes de BFM TV sont toutes équipées avec des smartphones pour couvrir l’actualité. Les Gobelins organise un MOOC autour de « Réaliser des vidéos pro avec son smartphone » avec Laurent Clause, journaliste pluri-médias. Et le nouveau métier de mojo (MObile JOurnalisme) est apparu dans le monde des médias et de l’entreprise. Enfin, plus largement, même dans le cinéma, le smartphone perce avec des initiatives à suivre comme celle de Claude Lelouch et son dernier film « La Vertu des impondérables ».
Très facile à emporter, léger, maniable et d’une très bonne qualité vidéo, les smartphones ont évolué vers une qualité d’image professionnelle (stabilisateur, format 4K, bonne conduite en faible lumière). Malgré tout, filmer avec smartphone nécessite quelques précautions qui peuvent alourdir le dispositif filmique. La qualité de prise de son n’étant pas optimisée pour des interviews et des captations audios exigeantes, il est nécessaire de s’équiper (captation audio indépendante ou système de connexion de micro par la prise mini-jack du téléphone). D’autre part, les smartphones ne sont pas équipés de zooms optiques ergonomiquement optimisés comme sur les caméras (accessibilité, vitesse de zoom). En mode vidéo, le téléphone consomme beaucoup et demande donc des batteries supplémentaires. Enfin, le workflow de post-production n’est pas encore très ouvert sur les téléphones. Monter sur son smartphone ou sa tablette n’est pas encore très organique. Les réflexes de monteur sur ordinateur ont encore de beaux jours devant eux, même si les applications de montage gratuites ou payantes commencent à percer et à donner de très bons résultats en terme de rapidité d’exécution (voir la battle organisée en 2019 entre un iPhone et un ordinateur).
 
Depuis 2 ans, le Pôle Image Animée et Audio de la Maison des Sciences de l’Homme Lyon St-Etienne tente des expérimentations avec la vidéo mobile. Quelques événements ont été entièrement couverts avec un dispositif mobile comme les 10 ans de l’IEA à Nantes ou le SITEM à Paris.


Mais est-on crédible dans une posture de professionnel de l’image avec un iPhone ? Les tendances des outils pour filmer et l’avenir le diront… Les caméras vont-elles disparaitre des équipes de tournages ?

Christian Dury, le 30 janvier 2020

Focus sur le projet Bretez

Bretez : valorisation patrimoniale par le sonore, le visuel et l’interaction
Reconstitution d’une ville par le biais de techniques de restitution 5D
 
Le projet Bretez et sa suite, Bretez II, est un projet de coopération scientifique ambitieux et novateur conjuguant les sciences humaines et les sciences de l’ingénieur (humanités numériques).
Bretez est un projet scientifique transdsciplinaire ambitieux et novateur. Construits sur des interactions multiples (SHS et SI), il entre dans la catégorie des Humanités numériques.
Il a pour objectif la valorisation du patrimoine par sa restitution numérique virtuelle, audio et vidéo.
 

Photo à Innovatives SHS 2017 ©Clément MAHOUDEAU
 
Abordant la lecture et la restitution de l’Histoire par le prisme de la sensorialité, Bretez permet de valoriser de manière différente la somme de connaissance engrangée par les équipes de sciences sociales tout en s’appuyant sur le savoir-faire des équipes des sciences de l’ingénieur
La spécificité de l’objet scientifique est de permettre une ouverture de nos recherches vers large public, tout en l’accompagnant dans sa découverte d’un environnement urbain rarement abordé par le multimédia (Paris, dans le cadre de Bretez) et ce, grâce à la dimension sensible du projet. Les orientations actuelles de mise en valorisation grand public de ce projet sont une visualisation du projet en réalité virtuel sonorisée avec la société LaboM et une immmersion dans un dôme avec la SAT Montréal.


Photo dans le dôme immersif de la Société des arts technologiques [SAT] de Montréal

Pour aller plus loin.
Site web du projet
> Portrait en images et en sons : Mylène Pardoen
> Article revue Audio Infos
>
 Article dans Le Monde

Vidéo et réseaux sociaux : l’expérience de la MSH Lyon St-Etienne

Par le biais de son Pôle Image Animée et Audio (PI2A), la MSH Lyon St-Etienne s’interroge sur l’utilisation de la vidéo sur les réseaux sociaux.
 
En 2017, la "vidéo social" est devenu la stratégie gagnante pour toucher un large public sur les plateformes leaders. On appelle "vidéo sociale" la réflexion autour d’un format de vidéo pour les réseaux sociaux et l'engagement autour de celle-ci (les likes, l’augmentation de l’audience voire la démonstration que la vidéo pousse à une meilleure consommation/achat pour des réseaux sociaux commerciaux).
> Enquête mars 2017 (Audience Vidéo Ordinateur en France)
 
Fort du constat qu’une communication Facebook, Twitter ou Instagram est plus efficace avec une vidéo, la MSH s’est lancé dans la production d’image animée orientée vers les réseaux sociaux. Ainsi, le Twitter de la MSH sert de pivot pour la communication vidéo de la Maison. Quelques exemples de vidéos produites spécialement pour une réception exclusivement sur smartphone et sur Twitter.
Le PI2A se focalise donc sur quelques fondamentaux pour réaliser des productions vidéo lisibles sur les réseaux sociaux.
- écriture pour des durées courtes (140 secondes maximum pour Twitter) ;
- narration percutante ;
- travail sur l’entrée en matière pour accrocher l’internaute ;
- choix de la vidéo verticale pour une lecture aisée sur smartphone ;
- qualité audio ;
- utilisation de gros plans ;
- peu de mouvement de caméra ;
- montage et post-production en quasi direct pour être visible pendant que l’événement se passe.
 
Par exemple, autour de Bretez, le projet EXPRIM comportait une facette accompagnent à la recherche sur une visibilité vidéo du projet sur les réseaux sociaux.
 
Ainsi, plusieurs expérimentations vidéo ont permis de dégager une méthodologie de production adaptée pour ce type de média de diffusion. Les tournages en configuration "reportage" sont courts et adaptés à Twitter. Le montage est réalisé dans la foulée pour une diffusion en simultané.
 

Parcours audio-visuel : formation doctorale 2018

En 2018, la Maison des Sciences de l’Homme Lyon St-Etienne propose aux doctorants un nouveau cycle de formations en audio-visuel.
Ce cycle de formation est soutenu par les Ecoles Doctorales ScSo, 3LA, EPIC et SEG. Son objectif est d’offrir un parcours qui permettra d’apprendre l’usage de l’image et du son dans la recherche et de réfléchir à sa propre pratique audio-visuelle dans la thèse.
Qu’est-ce que filmer en Sciences Humaines et Sociales ? Quelles méthodologiques mettre en place au niveau image et son sur un terrain de recherche SHS ?
Pour réfléchir à ces questionnements, cette formation doctorale prendra la forme de 3 ateliers de mise en pratique et de discussion autour de l’utilisation de l’image et du son en recherche SHS.

Date : 24 avril, 16 mai et 20 juin 2018
Formulaire d'inscription (formation uniquement pour les doctorants Université de Lyon. S'inscrire avant le jeudi 15 février 2018).
Programme

Fête de la Sciences 2017

Humanités numériques, c’est quoi ?
Ou l’immersion dans le monde du multimédia au service des chercheurs, un pôle de présentations et d’expériences qui mixe analyse de textes, banque d’images et restitutions sonores.

Dans le cadre de la Fête de la Science 2017 (coordination Université de Lyon), l'ISH propose 3 approches autour de l'image et du son.
- Caméra embarquée sur une recherche : comment l’image animée est utilisée pour analyser, restituer, communiquer et valoriser autour de faits de société.
- Visualisation de corpus textuel : fouillez des textes et apprendre par exemple à visualiser des indices sonores qui y sont cachés. Et voir, qu’en plus, un tweet ou un hashtag (#), ça s’analyse ?
- Une archéologue des ambiances sonores, c’est quoi ? Bretez ou comment faire renaître un paysage sonore historique.

Participants : Christian Dury, Mylène Pardoen (ISH), Sofiane Bouzid (Archéorient) et Pierre Girard (laboM),
Partenaires : PULSALYS, IXXI, IMU et laboM

Ces ateliers ont permis de rencontrer des classes de collégiens et le grand public de la Médiathèque de Bron.

 

Nuit des Chercheurs 2017

La Nuit européenne des Chercheur.e.s, organisée par l’Université de Lyon au Rize, centre mémoires et société de Villeurbanne. Ce soir-là, dans un cadre convivial, le grand public a pu rencontrer une centaine de chercheurs de l’Université de Lyon en tête-à-tête autour de scientific-dating, de bouche-à-oreille, de rencontres dans le noir, de défis scientifiques ! Découvrir ce qu’est leur métier : une passion qui permet de dépasser les frontières...

Autour des thématiques de l'image et du son, l'ISH a présenté 2 projets :
"Rencontre dans le noir" avec Mylène Pardoen autour du projet Bretez et "Voyage au coeur d'une résidence d'artistes" avec Christian Dury et le laboratoire DDL.

Stand de la caravane des artistes. Visionnage du reportage.

Collaboration ISH-Archéorient autour de la fouille de données

Pour en savoir plus :
>> Programme de l'événement à Lyon

Riskinter, ouvrir la cuisine audiovisuelle

A Saint-Etienne, dans le cadre de la 10e  Biennale internationale du Design sur les mutations du travail, le Centre Max Weber présentait 9 dispositifs autour de cette thématique (In situ. Faire voir et faire parler les métamorphoses du travail).

Autour du projet Riskinter, l'équipe a abordé la recherche avec une invitation à rentrer dans la cuisine de la réalisation audiovisuelle. Après une présentation scientifique du projet sur les risques industriels et sur la collaboration entre sciences de l'ingénieur et sciences sociales, l'intervention a permis d'aborder la valorisation de cette recherche par l’image animée. Comment le projet est venu vers ce média ? Comment chercheur et réalisateur collaborent ? Avec quelle méthodologie et sur quels outils ? Les discussions ont été riches notamment sur le travail de corpus vidéo et sur les questions d'indexations des rushs.

> Flyer de l'événément

Approches des archives audiovisuelles

Le consortium Archives des Mondes Contemporains Inventaires et Documents numériques (ArcMC) arrive au terme de sa première labellisation à la fin de l’année 2016. La journée de restitution du 14 Septembre 2016 fut l’occasion de présenter les différentes réalisations en terme de corpus numérique en ligne et de méthodologie.

L’ISH a participé à cette journée, son pôle Image Animée était présent à la table ronde sur les « Approches des archives audiovisuelles ». Il a partagé son expérience avec les corpus audiovisuels qu’il produit depuis plusieurs années et sa méthodologie et ses réflexions actuelles autour de l’archivage pérenne des contenus scientifiques audiovisuels qu’il rassemble aujourd’hui dont 230 heures sont actuellement en ligne sur son portail de diffusion 25images/shs.

Visibilité des travaux de recherche en SHS

L'INSHS (Institut des sciences humaines et sociales) du CNRS organisait le 7 décembre 2016 une Journée d'étude - Professionnels de la BAP D (Sciences humaines et sociales) et BAP F (Documentation, Culture, Communication, Edition, Tice). La journée s'est intéressée aux rôles des professionnels de l’IST pour offrir une meilleure visibilité aux travaux des acteurs de la recherche en SHS. L'objectif de cette journée est d'offrir aux participants une meilleure connaissance des projets menés dans les laboratoires de l'InSHS dans le domaine de l'information scientifique et technique. Elle a également pour but de favoriser les échanges et de provoquer des synergies entre professionnels travaillant dans des domaines proches.

Le Pôle Image Animée de l'ISH est intervenu pour présenter la vidéothèque 25images/shs (historique de la plateforme, contenu du site web et perspectives).

>> Webcast de l'intervention : la vidéothèque 25images/shs, un outil de diffusion et de valorisation de la recherche SHS
>> Webcast de la journée
Captation : Cellule Webcast (Centre de Calcul IN2P3/CNRS)

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