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Pratiques du numérique en SHS
Mis à jour : il y a 2 heures 54 min

Offre de stage : Dépouillement d’archives télévisuelles et imprimées au sujet de l’Algérie coloniale

mar, 23/11/2021 - 11:10am

TELEMMe, avec le soutien de l’Agence nationale de la recherche, dans le cadre du projet de recherche européen sur la médiation des archives coloniales PICCH – Polyvocal Interpretations of Contested Cultural Heritage, propose un stage à un·e étudiant·e en sciences humaines et sociales et arabisant·e de niveau Master 1 ou 2 pour traiter des archives sonores en langue arabe enregistrées sur le terrain algérien. Ce projet interdisciplinaire, associant l’histoire des médias, les études archivistiques et les sciences de l’information et de la communication, et dirigé par Daniella Petrelli (Université de Sheffield), interroge le concept de « décolonisation du patrimoine ».

Les missions de l’étudiant·e stagiaire :

– Identifier et analyser des récits médiatiques mobilisant des archives coloniales à la télévision, notamment à partir des archives de l’Institut national de l’audiovisuel ;

– Mettre en relation ces matériaux avec d’autres sources, telles que celles conservées aux Archives nationales d’outre-mer ;

– Participer à l’organisation d’événements dans le cadre du projet PICCH ;

– Rédiger un billet de blog présentant ses activités et ses résultats en lien avec son rapport de stage.

Durée : 6 mois pouvant se planifier entre janvier et juillet 2022.
Modalités de travail : un ordinateur et un espace de travail seront mis à la disposition
du·de la stagiaire.
Encadrement : Christine Mussard, maître de conférences AMU/IREMAM, sera la tutrice
de stage. Sophie Gebeil, principal investigator pour la France du projet PICCH sera la
responsable pédagogique. Véronique Ginouvès, impliquée dans le projet, sera également
présente en soutien à l’encadrement.
Pour répondre à l’annonce, envoyez une lettre de motivation et un CV à Christine
Mussard : christine.mussard@univ-amu.fr au format PDF en deux ou un seul fichier.
Date limite de l’envoi de la candidature : 5 décembre 2021.

 

Crédits de l’image “à la une” : Musée des beaux arts d’Alger,  détail d’un tableau de Mahmoud Z Hellal-Aâdja photographié en 2017, domaine public.

Histoire d’écoutes

dim, 14/11/2021 - 9:28pm

Dans le cadre des séminaires interlaboratoires de la MMSH se tiendra en 2021-2022, un séminaire sur le thème Histoires d’écoutes. L’auralité en histoire et pour l’histoire, de l’Antiquité à l’époque moderne, sous la direction d’Emmanuèle Caire (TDMAM), Véronique Ginouvès (USR3125), Marie-Emmanuelle Torres (LA3M/PRISM) et Laure Verdon (TELEMMe).

***

Les différents textures sonores ainsi que les mécanismes pensés pour installer, optimiser voire forcer l’écoute de certains individus. Les voix de Dieu, du pouvoir, du collectif, de la nature ou de la guerre résonnent dans les sources parce qu’elles ont été entendues et parce que l’auteur·e veut les faire entendre au lecteur·trice.

Cependant, un son n’existe que par l’expérience auditive : l’écoute implique un engagement du corps pour entendre, comprendre, analyser et donner sens aux sonorités. Restituer seulement un son ne permet pas de savoir comment celui-ci était perçu, esthétisé, compris ou ressenti : la recherche d’une société sonore impose donc de retrouver son régime d’écoute particulier. Par l’expérience du corps, l’oralité (ce qui est dit) peut alors devenir auralité (ce qui est entendu). Si l’oralité est performance, l’auralité est expérience ; cette expérience modulant le récit historique, la création artistique ou encore le récit de l’Autre. De fait, l’écoute apparaît à la fois comme un objet historique, un moyen d’écriture du social et un outil pour l’historien. Ce séminaire a pour objectif de réfléchir aux méthodologies possibles pour retrouver, reconstruire et exploiter cette écoute historique tout en observant ce qu’elle peut apporter à la recherche historique. Dans cette optique, l’observation des méthodes employées par les spécialistes du sonore « audible » peut être riche en enseignements. Par ces réflexions croisées, on espère ouvrir un laboratoire expérimental des méthodologies possibles, qui servira aux chercheure·s et étudiant·e·s qui souhaitent intégrer et/ou exploiter l’auralité dans leur recherche.

Le séminaire propose trois questionnements :

1) Mettre en lumière ce que l’écoute apporte à la compréhension des expériences et des discours passés : écouter ce que ces évocations auditives disent des rapports sociaux, de l’expérience urbaine du collectif, du politique, du divin et de la pensée du corps ; observer ce que la remise dans une perspective de performance / expérience auditive fait à la construction des objets et au positionnement méthodologique.

2) Interroger le dit de cette écoute dans les sources anciennes, grâce au vocabulaire et aux mécanisme employés pour créer ces transcriptions (littéraires ou plastiques) : réfléchir aux objectifs poursuivis par l’auteur·e en étudiant l’émotion, le filtre moral et les jeux d’allusions auditives qu’il·elle installe par ces situations auditives ; juger de ce que cette écoute « mentale » dit et sous-entend dans l’écriture historique. L’objectif est aussi d’évaluer si l’expérience aurale de celui·celle qui lit est une expérience réduite ou « augmentée » du sonore et questionner l’intérêt du paysage sonore dans une œuvre littéraire ou plastique.

3) Discuter des méthodologies employées pour la remise en écoute contemporaine. Le positionnement du·de la chercheur·e sera questionné en croisant les champs disciplinaires et les attentes, pour identifier ce qu’il est possible de faire, dans quelle mesure et pour quelles utilisations ainsi que les méthodes de recréation de l’écoute historicisante et les types d’expériences qu’il est possible d’imaginer.

Programme

  • 10 décembre : Écoute et auralité : un défi pour l’historien ?

Introduction : Emmanuèle Caire (PU, TDMAM, CNRS-AMU), Laure Verdon (PU, TELEMMe, CNRS-AMU) et Marie-Emmanuelle Torres (doctorante, LA3M, CNRS-AMU)

Marie-Emmanuelle Torres (doctorante, LA3M, CNRS-AMU) : Des musiques indignes d’être notées : dénigrement et silenciation des sonorités profanes à Byzance

Juliette Dumas (MCF, IREMAM, CNRS-AMU) : Faire parler le silence : dits et non-dits des sources historiques ottomanes 

  • 21 janvier : Écoute ô mon fils… L’écoute dans le christianisme

Christian Boudignon (MCF, TDMAM, CNRS-AMU) : La liturgie byzantine comme expérience acoustique

Sergi Sancho Fibla (postdoctorant, RSCS, UCLouvain) :

L’extase à l’écoute : liturgie, voix et performances. Europe du Sud, XIIIe-XVe siècles

Jorge Rizo Martínez (docteur, CéSor, CNRS-EHESS) : L’écoute dans la direction spirituelle : calmer et éveiller les passions aux XVIe-XVIIe s.

  • 25 février : Recomposer l’écoute : quelles approches pour le chercheur ?

Sylvain Perrot (CR, ARCHIMÈDE, CNRS-Université de Haute-Alsace) : Le concept d’écoute (akoē) dans la pensée d’Aristoxène de Tarente

Christine Gadrat (CR, LA3M, CNRS) : Scènes de dialogues et d’échanges dans les récits de voyage en Orient au Moyen Âge

Véronique Ginouvès (IR, Phonothèque MMSH, CNRS) : Archiver les perceptions : expérience de l’écoute et d’autres sens

  •  25 mars : Des objets sonores silencieux ? Redonner du corps à l’écoute

Anna Lagaron & Frédéric Imbert (postdoctorante & PU, IREMAM, CNRS-AMU) : Prier, réciter, écouter dans les graffiti arabes médiévaux

Vincent Debiais (CR, CRH, CNRS) : États de silence dans les images médiévales : mutismes, contraintes, qualités

Martine Clouzot (PU, ArTeHis, CNRS-Université de Bourgogne) : Espaces sonores et régimes d’écoute : figurer les sons dans les psautiers et livres d’heures en Europe occidentale (XIIIe -XVe s.)

  • 22 avril : Être à l’écoute : Auralité, émotion et réaction

Jérémy Clément (MCF, ArScAn, CNRS-Université de Paris Ouest Nanterre) : Les animaux dans le paysage sonore des guerres grecques

Romain Goudjil (ATER, LA3M, CNRS-AMU) : Des cris et des larmes, environnement sonore des juges byzantins (Xe-XVe s.)

Emmanuel Porte (doctorant, TELEMMe, CNRS-AMU) : Nuisances urbaines ou fenêtre sur un monde animal : Aboiements, hurlements et jappements canins dans les villes du XVIIIe siècle

  • 20 mai : À l’écoute de l’Autre

Chloé Bonnet (doctorante FRAMESPA, CNRS-Université de Perpignan Via-Domitia) : Entendre, voir, comprendre et transcrire : les notaires latins et les mots de leurs clients juifs. Catalogne et Roussillon. XIVe s.

Sarah Nancy (MCF, FIRL, Université Sorbonne Nouvelle) :

« La plupart des femmes aujourd’hui se laissent prendre par les oreilles ». L’imaginaire de l’écoute féminine en France aux XVIIe et XVIIIe siècles

Mathilde Mougin (doctorante, TELEMMe, CNRS-AMU) : Rendre compte de l’altérité linguistique dans les récits de voyage à l’âge classique

  • 10 juin : Remettre en écoute le passé : méthodes et perspectives

Attention : Cette séance se tiendra sur la journée complète, de 9h30 à 17h30.

– table-ronde 1 (matin) :  Restituer l’écoute, de la recherche à la médiation culturelle

Sibylle Emerit (CR, HiSoMA, CNRS)

Julien Ferrando (MCF, PRISM, CNRS-AMU)

Mylène Pardoen (IR, MSH-LSE, CNRS)

Julie Deramond (MCF, Centre Norbert Elias, CNRS-Université d’Avignon-EHESS)

– table-ronde 2 (après-midi) : Des usages contemporains du passé sonore. (ré)interprétation & (re)création

Clément Frouin (doctorant, CEMM, Université Paul Valéry)

Frédéric Tavernier-Vellas (Les Solistes de la musique byzantine et Ensemble Organum)

Conclusion et ouvertures

 

 

Informations pratiques :

Période :un vendredi par mois les 10 décembre, 21 janvier, 25 février,  25 mars, 22 avril, 20 mai, 10 juin

Horaires : 14h – 17h30 (excepté le 10 juin, toute la journée)

Lieu : salle Germaine Tillion, Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme, MMSH USR 3125, Aix-en-Provence

Contact et inscription : Marie-Emmanuelle Torres marie<dot>emma.torres<at>gmail<dot>com

– le passe-sanitaire sera demandé aux intervenants et auditeurs extérieurs à Aix-Marseille Université.

– le masque reste obligatoire pour tous, pendant toutes les séances.

– si la situation sanitaire l’exige, les séances basculeront en mode distanciel, sur la plateforme zoom.

 

Crédits de l’image “à la une” : Psautier de Luttrell, British Library, Add MS 42130 (détail)

De la multiplicité des “Archives vivantes”…

ven, 12/11/2021 - 12:02pm

Au cours du programme transversal et interdisciplinaire « Archives Vivantes » les chercheur·e·s et des ingénieur·e·s de la MMSH et de PRISM ont questionné l’emploi et le réemploi des archives sonores et audiovisuelles, tant dans le cadre académique qu’artistique, éclairant des usages si variés que l’idée a germé de questionner individuellement les imaginaires et les façons de faire.

Emma Spinelli, étudiante en musicologie et en stage dans le cadre du projet, a réalisé en collaboration avec l’équipe une série de  mini-capsules vidéos, courts entretiens de quelques minutes. Elle a interrogé des personnes aux profils différents – chercheur·e·s, artistes, doctorant·e·s, étudiant·e·s, archivistes -, sur leurs ré/usages de l’archive, et sur leurs représentations. Il ne s’agissait pas de rechercher une définition de l’archive, mais davantage de s’interroger sur les idées associées à cette notion, son réseau sémantique et les images auxquelles elles renvoyaient, tout en restant très concret, avec la description “d’une” archive.

Les 14 capsules renvoient ainsi à des images aux nuances multiples. Si certain·e·s associent l’archive à l’institution de conservation, aux obligations administratives et à la preuve, d’autres évoquent plutôt les supports – le son, le film, le fichier, la partition, le manuscrit, la photographie  – mais aussi l’activité d’un sujet producteur ou encore leur activité elle même, leur métier quand l’archive est la base de leur travail : les archivistes bien sûr mais aussi les artistes, les musicien·ne·s, les cinéastes ou les ingénieur·e·s du son. Nombreux·ses sont celles et ceux pour qui l’archive est associée à l’idée d’une trace, à la volonté de préserver pour donner à lire, à entendre ou à voir, toujours si possible accompagnée des outils d’interprétation et le lien fort est celui de la mémoire, ou plutôt des mémoires.

Les profils multiples des témoins interrogés dans les capsules révèlent également des usages différents de l’archive, depuis la consultations de registres d’état civil ou d’articles en ligne, aux archives sonores et audiovisuelles sous diverses formes : en ligne, sous forme de base de données, sur bande magnétique, enregistrement d’ethnomusicologues, création artistique, archives de la télévision française ou encore objets qui nous donnent l’occasion de mieux contextualiser et interpréter le dispositif de production de ces archives sonores…

Toutes ces mini-capsules sont archivées sur la plateforme Archive.org. Les participants ont signé des contrats d’utilisation qui les placent sous une licence CC-BY-NC. Vous pouvez les voir une à une ou visualiser la compilation réalisée par Emma Spinelli :

“A la une” et dans le billet : nuage de mots clés réalisés à partir des entretiens sur l’outil voyant tools.

Polyvocal Interpretation of Contested Colonial Heritage. Lancement du volet français de l’ANR PICCH

dim, 10/10/2021 - 8:49pm

Le projet Polyvocal Interpretation of Contested Colonial Heritage (PICCH) coordonné par Daniel Petrelli (Sheffield Hallam University) a été retenu dans le cadre de l’appel à projet ANR « Patrimoine, Identités et Perspectives : s’adapter à des sociétés en évolution » de l’initiative de programmation conjointe JPI CH .  Le projet PICCH porte sur les fonds liés à trois archives : L’Institut néerlandais du son et de la vision, l’Institut national de l’audiovisuel (INA) français et le Pitt Rivers Museum à Oxford, au Royaume-Uni.  L’objectif est d’étudier la polyvocalité dont ses archives sont l’objet et de l’incorporer les archives elles-mêmes, offrant de nouvelles façons d’entrer et d’explorer le passé via un cadre interprétatif contemporain.

Polyvocal Interpretation of Contested Colonial Heritage : Kick Off meeting

The Polyvocal Interpretation of Contested Colonial Heritage (PICCH) project coordinated by  Daniel Petrelli (Sheffield Hallam University) has been selected in the framework of the ANR call for projects « Heritage, Identities and Perspectives: Adapting to Changing Societies » of the CH joint programming initiative.  The PICCH project focuses on the holdings of three archives: the Dutch Institute of Sound and Vision, the French Institut National de l’Audiovisuel (INA) and the Pitt Rivers Museum in Oxford, UK.  The aim is to investigate the polyvocality of these archives and incorporate it into the archives themselves, offering new ways of entering and exploring the past through a contemporary interpretive framework.

Organisé par : Sophie Gebeilprincipal investigator pour la France du projet PICCH

Salle Geogres Duby – MMSH
11 octobre 2021 9h-16h
Ouvert  au public de 9h à 12h30

Sur inscription : https://enquete.inspe.univ-amu.fr/v4/s/l5wknh/sphinxaspxid

Crédits : photogramme « Cinq colonnes à la une : le Sergent Robert », documentaire diffusé le 9 janvier 1959, archive télévisuelle de l’ORTF, INA, accessible sur « Sudorama – Mémoires du Sud de 1940 à nos jours » , https://fresques.ina.fr/sudorama/videos/fresque?fiche-media=00000000349

Information sur le site de Telemme : https://telemme.mmsh.fr/?post_type=evenement&p=9705