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Pôle Image-Son MMSH

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Pratiques du numérique en SHS
Mis à jour : il y a 3 heures 24 min

Recréer l’histoire : appropriation et usages publics du passé

jeu, 17/01/2019 - 12:16pm

Depuis une trentaine d’années, le champ de l’histoire publique s’est imposé comme une aire disciplinaire à part entière, qui questionne aussi bien les pratiques historiennes institutionnelles que le statut épistémologique et social de l’autorité de l’historien et le rôle des publics comme acteurs potentiels de la fabrique de l’histoire. Aujourd’hui cependant les enjeux originaires des débats liés au développement de l’histoire publique se sont profondément modifiés,dépassant le cadre initial de l’articulation entre production de connaissance savante et savoir public. L’irruption du tournant mémoriel à l’échelle internationale depuis les années 1990 a ouvert de nouvelles perspectives, car les demandes publiques de mémoires ont permis l’accès de nouveaux acteurs, en donnant aussi à voir de nouvelles tensions, voire des « guerres de mémoires » concurrentes, qui disent des régimes d’appropriation publique de l’histoire clivés ou antagonistes. Par ailleurs, l’articulation entre savoir, pouvoir et démocratie a pris une importance inédite, et elle se trouve désormais au cœur des débats actuels de l’histoire publique. La prise en considération des publics non-académiques comme acteurs à part entière de la production de l’histoire formule un nouvel horizon d’engagement citoyen et ouvre la possibilité d’une pratique de l’histoire en régime participatif, voire en régime de démocratie directe. Des pratiques d’histoire publique peuvent aussi se revendiquer comme contre-histoire et afficher un savoir historique alternatif comme contre-pouvoir. L’organisation de cette École thématique vise à analyser les enjeux historiographiques, poli- tiques, sociaux et culturels émergents dans le champ de l’histoire publique, mais aussi à identifier les nouveaux acteurs et à cartographier le renouveau des modes contemporains d’appropriations collectives du passé.

Programme

Lundi 21 janvier, matin

Ouverture :  Michel BERTRAND, Directeur de la Casa de Velázquez

Introduction : Jesús IZQUIERDO MARTÍN, Universidad Autónoma de Madrid et Nicolas MORALESEHEHI – Casa de Velázquez

Conferences :

Catherine BRICE, Historienne, Université Paris Est-Créteil, Pourquoi tenter l’histoire publique ?

Maryline CRIVELLO, Historienne, Aix-Marseille Université, Une histoire à soi. Reconstitutions historiques et pratiques sociales du passé

Jean-Yves LE NAOUR, Historien, cinéaste et scénariste, France, Sortir de la tour d’ivoire. L’université, l’histoire et le “grand” public

David FERNÁNDEZ DE ARRIBA, Historien, web Historia y Comics, España, Cómic histórico, pretérito en viñetas

Noelia ADÁNEZ, politologue, co directrice du programme radiophonique Contratiempo et collaboratrice de Onda Cero, España, Ondas y democratización del pasado: radio, historia y públicos

Lundi 21 janvier, après-midi : ateliers pratiques

Mardi 22 janvier, matin, conferences

Nicolas OFFENSTADT, Historien, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / Institut d’histoire moderne et contemporaine, Sur le rôle des historiens de métiers dans l’espace public

Alfons CERVERAE, Écrivain, Espagne, ¿Qué músicas oscuras esconde este silencio?

Fernando SÁNCHEZ CASTILLO, Artiste, Espagne, Seamos Francos

Federico PEÑATE DOMÍNGUEZ, Universidad Complutense de Madrid, Videojuegos y verosimilitud: una aproximación cultural a lo lúdico en historia

 

Plaquette du programme.

Coordination : Jesús IZQUIERDO MARTÍN (Universidad Autónoma de Madrid), Nicolas MORALES (EHEHI – Casa de Velázquez)

Organisation : École des hautes études hispaniques et ibériques (Casa de Velázquez, Madrid), Universidad Autónoma de Madrid

Dates de l’École thématique : 21-22 janvier 2019 (inscriptions close depuis le 3/12/2018)

Lieu : Casa de Velázquez  C/ Paul Guinard, 3 — 28040 Madrid 

 

 

 

Histinéraires : séminaire de travail et de restitution autour des collectes orales, 10-11 janvier 2019

ven, 04/01/2019 - 12:02pm

A travers la collecte et l’étude des « Mémoires de synthèse des activités scientifiques » (MSAS) des habilitations à diriger des recherches soutenues (HDR) en histoire depuis le début des années 1990, le projet « La fabrique de l’histoire telle qu’elle se raconte », de son acronyme HISTINÉRAIRES, prend pour objet le récit que les historiens font d’eux-mêmes, comment ils racontent leur parcours d’historien, académique comme intellectuel. Ces écrits ont été enrichis par une série d’entretiens menés auprès d’une quarantaine de chercheur.e.s qui se sont prêté.e.s au jeu de l’histoire orale. Si les écrits MSAS ont bénéficié d’un logiciel d’analyse textuel spécifique permettant de repérer etde classer différents éléments, les récits de vie ou de parcours professionnels enregistrés ont été, eux, archivés et organisés dans une phonothèque. Leur écoute offre un nouveau corpus de recherche qui reste à exploiter.

Ces journées d’études sont à la fois des temps de travail et de réflexion sur la collecte auprès d’historien-e-s de leur histoire personnelle et de carrière, enchâssée dans l’histoire qu’ils-elles pratiquent. Elles ont plusieurs objectifs. Tout d’abord il s’agira d’expliciter la méthode de la constitution de ce corpus sonore, de sa collecte à son archivage, pour donner des pistes à ceux qui voudraient s’emparer de ces entretiens comme matière scientifique et produire de nouvelles connaissances. Ce retour sur « la fabrique de la collecte » sera l’occasion de soumettre la méthode et les premières analyses à des témoins enregistrés qui auront l’occasion de revenir sur leur expérience, retournant leur regard d’enquêté.e.s vers les enquêtrices quelques mois après cet enregistrement. En invitant quelques chercheurs praticiens de l’enquête d’autres disciplines, il s’agira de confronter ces pratiques d’enquêtes orales avec d’autres pratiques de « recueilleurs-analystes » de récit provenant d’autres disciplines ou d’autres cultures. Enfin, ces journées seront l’occasion d’échanges réflexifs, organisés autour de tables-rondes réunissant des détenteurs d’HDR de disciplines différentes qui – en ouvrant la cartographie jusqu’ici entreprise – apportera des éléments pour informer la recherche sur les stratégies intellectuelles et institutionnelles à l’oeuvre, permettant de préparer l’analyse finale qui sera rendu en bilan de l’ANR.

Programme

Jeudi 10 janvier 14h30 – 17h00 (séance ouverte au public)

Le programme Histinéraires et le traitement des données écrites : bilan du travail en cours sur les MSAS, Patrick Garcia, Université Cergy-Pontoise, IHTP, Responsable de l’ANR Histinéraires et Bertrand Müller, CNRS-Centre Maurice Halbwachs.

L’écriture de soi des historiens : Premiers enseignements, François Dosse, Université de Paris-Est Créteil et Isabelle Lacoue-Labarthe, Sciences Po Toulouse.

Récits de vie, récits de carrières : bilan d’une collecte – méthode, démarche – Véronique Ginouves, Phonothèque MMSH AMU/CNRS et Anne Marie Granet, Université Grenoble Alpes, LARHRA.

Vendredi 11 janvier 9h00 – 12h00 (groupe de travail fermé au public)

Récits de vie, récits de carrières – Retour d’expérience par les participants aux enquêtes réalisées pour le programme Histinéraires, avec Jean-Luc Arnaud (UMR TELEMMe), Gilles Bertrand (LUHCIE), Evelyne Cohen (Enssib-Université de Lyon, LARHRA), Maryline Crivello (UMR TELEMMe), Anne Dalmasso (LARHRA), Karima Dirèche (UMR TELEMMe), François Dosse (Université de Paris-Est Créteil),Stephane Gal (LARHRA), Patrick Garcia (IHPT), Hubert Heyriès (Paul Valéry University, Montpellier 3), Nicolas Mathieu (LUHCIE). Table ronde animée par Véronique Ginouvès, Phonothèque de la MMSH, AMU/CNRS et Anne-Marie Granet, Université Grenoble Alpes, LARHRA : Quels devenirs et quels ré-usages de ces témoignages ? Réflexions collectives sur l’insertion de ces récits dans l’ensemble du dispositif

Vendredi 13h30 – 16h30 (séance ouverte au public) :  Récits oraux, récits de carrière ou récits de vie: réflexion critique sur les démarches interdisciplinaires et internationales, discutante Maryline Crivello, AMU-TELEMME

Du questionnaire au récit de vie : l’oralité en dialectologie, Elisabetta Carpitelli et Giovanni Depau, UGA- GIPSA-lab, centre de dialectologie

Archives personnelles et histoire orale : regards croisés, Luciana Heymann, Fondation Fiocruz, Rio de Janeiro

L’Histoire orale : un métier, une passion, une lutte – regards de la Grande Bretagne, Lindsey Dodd, Research Fellow Collegium de Lyon, University of Huddersfield

La métamémoire, ou la mise en récit d’une mémoire partagée, Joël Candau, Université de Nice, LAPCOS

 

Conclusions

 

Laboratoires organisateurs : IHTP, LAHRHA, TELEMMe – MMSH

Dates : 11 et 12 janvier 2018

Lieu : MSH Alpes (Grenoble)

Contacts : Anne-Marie Granet et Véronique Ginouvès

Crédits de l’image à la une : NSW State Archives, Lifting Hanger O. Sydney Harbour Bridge, 25/09/1930, Digital ID: 12685_a007_a00704_8730000124r, No known copyright restrictions.

 

Généalogie, mobilisation et archivage des images – Rendez-vous de l’histoire, Blois, 14 octobre 2018

ven, 28/09/2018 - 6:47pm

Chaque année, les rencontres de Blois sont l’occasion de rencontres privilégiées avec des historiens qui exposent l’état de leurs réflexions, présentent leurs travaux et confrontent leurs points de vue dans le but de concourir au progrès de la recherche et de la connaissance historique. Ces «Rendez-vous de l’histoire» sont aussi une manifestation populaire. Il faut que chacun puisse assouvir sa curiosité, trouver matière à s’instruire mais aussi à se divertir. Ainsi, les Rendez-vous de l’histoire ont pour vocation de devenir un lieu unique et privilégié d’échanges, de discussions, et de divertissement entre les historiens et le grand public.

La table-ronde proposée sur le thème Généalogie, mobilisation et archivage des images en Méditerranée au XXème et XXIème siècles s’inscrit dans le cadre d’un programme collectif transversal au sein de la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme (Aix-en-Provence), le Pôle image, son, pratiques du numérique en sciences humaines et sociales et de l’atelier « Visual Studies » de TELEMMe – Aix-Marseille Université – CNRS. La thématique de l’image et du son est identifiés comme données à des fins de recherches et comme objets d’investigation ou de représentation du réel. L’inflexion mise sur les études méditerranéennes correspond au rattachement institutionnel au sein de la MMSH.

Depuis sa création, en 1997, le Pôle image, son, pratiques du numérique en sciences humaines et sociales n’a cessé de faire travailler ensemble des chercheur.e.s, des enseignant.e.s., des étudiant.e.s et et des ingénieur.e.s de différentes disciplines pour proposer un cadre de réflexion sur ces questions. Ainsi, dès les années 2000 plusieurs projets ont proposé des pistes de réflexions sur la production scientifique à l’écran ; deux programmes européens, en collaboration avec l’Institut national de l’audiovisuel, (2009-2011) ont abouti à la mise en place d’un site proposant des séquences d’archives audiovisuelles du bassin méditerranéen ouvrant la voie au partage des mémoires audiovisuelles de la Méditerranée ; s’appuyant sur cette collaboration avec l’Ina, plusieurs programmes se sont développés comme sur la question du patrimoine visuel en collaboration avec des universités brésiliennes (PICS 2013-2017) et plus largement sur les Visual Studies (avec l’UMR TELEMMe depuis 2015).

La matinée proposée pour les journées de Blois sera l’occasion de témoigner de de ce programme pluridisciplinaire, en questionnant quelques facettes de la fabrication des images sur la Méditerranée qui influent sur les perceptions contemporaines de cet espace.

  1. Le rôle de la télévision dans la transmission des images à partir de la série “Méditerranée”, produite par F. Braudel en 1976, tournant déterminant qui permet d’observer l’émergence et le positionnement d’une Méditerranée historique à l’écran ;
  2. La migration des images sur Marseille, filmée au cinéma au cours du XXème siècle, avec ses figures et ses mythologies spécifiques ;
  3. La fabrique numérique des mémoires de l’immigration maghrébine et la mobilisation de nouveaux acteurs mémoriels qui construisent un imaginaire de la Méditerranée :
  4. La mise en lumière par une production documentaire de chercheurs sur des circulations impliquant des hommes, des rites et des croyances et révèle des pratiques partagées qui se déploient dans des lieux chargés d’une forte sacralité en Méditerranée.
  5. L’archivage des données produites ou recueillies par les chercheurs pour leur conservation sur le long terme mais aussi pour leur mobilisation au sein de différentes communautés, académiques comme amateurs éclairés.

Modérée par Maryline Crivello (Professeur des Universités Histoire AMU), la table-ronde donnera la parole à Katia Bellan (Docteur -ATER AMU – Cinéma et Histoire), Sophie Gebeil (Maître de Conférences Histoire AMU), Véronique Ginouvès (Co-Responsable du Pôle Images/sons de la MMSH), et Manoël Pénicaud (Chercheur CNRS) et aux participants dans la salle (La Chocolaterie, IUT, Blois, salle 214, à partir de 11h).

Résumé de la table-ronde : Au cœur de débats médiatiques récurrents, le cadre méditerranéen est loin d’être escompté. Polymorphe, insaisissable, fuyant, il est traversé par des perceptions multiples. Appuyée sur les travaux d’un programme collectif, la table-ronde proposera un cadre de réflexion à différentes modalités d’appréhension visuelle de la Méditerranée depuis les images télévisées (série Méditerranée), les formes d’expressions mémorielles sur le Web, la production filmique des représentations de la ville ou du religieux jusqu’à l’archivage et la mobilisation des publics pour appréhender ces images et les utiliser.

Éléments pratiques : 11h-13h,IUT de Blois, 5 rue de la Chocolaterie 41000 Blois, salle 214. Programme complet des rencontres : ici.